Explorons le concept de leadership, le mot lui-même pouvant faire référence à une fonction, un poste, et aussi à un ensemble de qualités personnelles qui permettent à une personne d’influencer positivement les autres, qu’elle en soit consciente ou non. En s’intéressant plus particulièrement à la dimension personnelle, nous définissons le leadership comme le fruit d’un développement de soi sur les plans cognitif, relationnel et émotionnel. Par exemple, un leader a une appétence et des compétences pour :

  • Le discernement : la capacité à analyser rapidement des situations complexes, à repérer les niveaux logiques et les systèmes sous-jacents. Ce discernement aide les leaders à prendre des décisions éclairées sans se laisser submerger par la multitude d’informations, de détails pour rester centré sur le sens et leur perception fine des enjeux. Cela se traduit souvent par une pensée claire et une capacité à rallier les autres autour d’un cap.
  • L’apprentissage continu : les leaders savent tirer des leçons de leurs expériences, qu’elles soient techniques, générales, humaines, et intégrer de nouvelles connaissances pour évoluer dans leur responsabilité. Cet apprentissage continu est aussi une source de croissance personnelle.
  • La pensée systémique : la capacité à comprendre et à naviguer dans la complexité d’une organisation et à relier les divers éléments de celle-ci. Cette compétence dite « stratégique » est précieuse dans un monde interconnecté où l’incertitude bouscule les modèles établis et crée des dépendances subies et anxiogènes. Penser « système » permet d’éclairer les forces d’influence et contribuer à sa juste place.
  • L’ouverture d’esprit : les leaders sont ouverts à la diversité des opinions, comme une curiosité qui alimente leur « moteur » intérieur pour questionner leur propre mode de pensée. Cette qualité a bien souvent un impact positif sur leurs relations et leur propre développement.
  • L’intuition : notons l’importance de l’intuition chez les leaders, qui pourrait se définir comme une forme de connaissance issue de la communication entre les deux hémisphères du cerveau. Lorsqu’elle est acceptée comme une source d’informations à part entière, elle se combine aisément avec les autres compétences ci-dessus pour guider les leaders vers plus de créativité et de confiance.

 

Bien que ce thème du leadership ne soit pas nouveau, il est possible qu’il revienne pour tenter de définir un besoin de plus en plus répandu, celui de l’inspiration dans un monde de plus en plus chaotique. Les leaders ont ce talent d’être inspirant, leur présence donne de l’espoir et de la réassurance à celles et ceux qui ont besoin d’être guidés pour entrevoir des chemins, des solutions, des lendemains plus lumineux. Ces leaders là incarnent une éthique, à la différence de personnes cherchant à mettre des systèmes sous contrôle ou emprise.
Bien que certaines personnes aient des prédispositions au leadership, comme une sécurité intérieure acquise via leur histoire personnelle, ces compétences peuvent aussi être développées avec le temps et l’expérience.
En ce qui concerne le management, nous distinguons clairement ce rôle organisationnel du leadership. Dans les environnements complexes actuels, il devient de plus en plus difficile pour les managers de se passer de compétences en leadership. Ce qui interroge profondément les dispositifs de formation des managers.

 

Laurence Laÿ